Dialysis Headache: an updated literature review - Version pour les professionnels
Date de publication : 23 décembre 2025Auteur(s) : Barber Mark. Current Pain and Headache Reports (2025) 29:16
Analyse(s) : Docteur Boulan 0
L’objectif de cette revue est de fournir des données récentes dans la compréhension et la prise en charge des céphalées survenant pendant l’hémodialyse.
La première étude décrivant les céphalées survenant pendant la dialyse date de 1972 (Bana et al) et ne concernait que 44 patients. Mais elle a conduit des années plus tard à l’inclusion de cette céphalée dans la classification internationale des céphalées (dialysis headache).
Pour que ce diagnostic soit retenu, le patient hémodialysé doit avoir présenté au moins 3 épisodes de céphalée aigue, apparaissant pendant la dialyse et ne persistant pas plus de 72 heures après l’arrêt de celle-ci. La céphalée disparait complètement chez les patients ayant bénéficié d’une transplantation rénale ou n’étant plus dialysé. Le patient ne doit pas avoir d’antécédent de céphalée primaire.
L’intensité de la douleur est très variable et il s’agit souvent d’une céphalée frontale, pulsatile, pouvant s’accompagner de nausées, vomissement, phonophotophobie.
La prévalence varie selon les études entre 26 et 70% mais dans une étude prospective comportant 494 patients la prévalence est de 48% (Gozubatik-Celik et al).
Cette céphalée serait plus fréquente chez les hommes, et l’âge moyen est très variable selon les études. Elle a aussi été rapportée chez des enfants hémodialysés.
Cette céphalée est très spécifique de l’hémodialyse et ne se rencontre pas dans la dialyse péritonéale.
Il semble que l’hémofiltration en ligne qui utilise un hémodiafiltre de haute perméabilité entraine moins de céphalée que l’hémofiltration conventionnelle, sans doute parce que les solutés de rétention urémique et certaines cytokines pro inflammatoires sont mieux éliminées.
La vitesse de l’ultrafiltration peut aussi influer sur les céphalées, le débit ne doit pas être trop rapide au risque d’induire un oedème cérébral pouvant stimuler les terminaisons trijéminales.
Il a également été montré davantage de céphalée chez les patients chez qui le différentiel pré et post épuration est important concernant le taux d’urée et le taux de magnésium.
La tension artérielle peut aussi influer avec davantage de céphalée chez les patients ayant des chiffres tensionnels élevés avant la dialyse ou ceux dont le différentiel de tension est important avant et après l’échange. Au Doppler transcranien l’index de pulsatilité est plus bas chez les patients ayant une céphalée pendant la dialyse.
Enfin de nombreuses substances neuroinflammatoires semblent jouer un rôle dans cette céphalée :
L’oxyde nitrique et la bradykinine atteignent leur concentration maximum dans les 4 heures suivant le début de la dialyse ce qui correspond souvent au délai d’apparition des céphalées.
Le taux de CGRP a été retrouvé de manière statistiquement significative, plus élevé avant et après la dialyse chez les patients ayant présenté des céphalées pendant la filtration comparativement à un groupe contrôle.
Le taux de substance P est élevé dans le groupe céphalée mais les résultats ne sont pas significatifs.
Il n’y a aucun traitement validé de cette céphalée. Agir sur la vitesse de l’ultrafiltration, les volumes échangés, les fluctuations tensionnelles pourrait atténuer le risque de la céphalée. On a longtemps évoqué le rôle thérapeutique de la caféine mais une étude contrôlée sur 156 patients ne l’a pas confirmé. (Aoun et al). Les triptans n’ont pas été étudiés dans cette population souvent hypertendue et poly vasculaire. Il n’y a pas de données solides concernant les gépants. Les AINS sont contre indiqués.
Concernant le traitement préventif il n’y a que des cas rapportés sans études validées concernant la nortriptyline, l’amytriptyline, le lisinopril et le topiramate. La supplémentation en Magnésium a été conseillée mais sans qu’une étude ne soit mise en place. Il n’y a pas de données concernant la toxine botulique ou les anticorps anti-CGRP alors que cela pourrait être un traitement raisonnable compte tenu des taux élevés de CGRP retrouvés dans le groupe des patients concernés par la céphalée de l’hémodialyse.
En conclusion la céphalée survenant pendant l’hémodialyse concerne la moitié des patients dialysés et aggrave leur qualité de vie et a un impact sur leur santé mentale, déjà altérées par leur maladie chronique. Les procédures techniques qui pourraient minimiser cette céphalée ont l’inconvénient de prolonger la durée de la séance de dialyse ou de nécessiter une 4ème séance hebdomadaire.
Il n’y a actuellement aucun traitement efficace de crise ou préventif mais les données récentes incitent à étudier les AC anti-CGRP dans cette indication.
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