Caféine et céphalées : amie ou ennemie ? Version pour les patients
Date de publication : 17 septembre 2026Auteur(s) : Hussein M
Analyse(s) : Dre Séverine Debiais 0
La caféine : stop ou encore pour les maux de tête ?
La caféine est présente dans de nombreuses boissons et aliments : café, thé, boissons énergisantes, cola, chocolat… Elle est aussi parfois utilisée dans certains médicaments contre la douleur. On pense souvent à la caféine comme à une substance qui aide à rester éveillé ou à lutter contre la fatigue. Pourtant, son rôle dans les maux de tête est plus complexe. Une revue récente publiée dans la revue Brain and Behavior s’est intéressée aux relations entre la caféine et les différentes céphalées, notamment la migraine.
La caféine peut-elle soulager les maux de tête ?
Oui, dans certaines situations. La caféine possède des propriétés antalgiques, c’est-à-dire qu’elle peut contribuer à diminuer la douleur. Elle peut également renforcer l’action de certains médicaments contre la douleur, comme le paracétamol ou certains anti-inflammatoires.
Une analyse regroupant 19 études et 7 238 participants a montré que l’ajout d’environ 100 à 130 mg de caféine à un antalgique pouvait améliorer son efficacité. Cela ne signifie toutefois pas que tous les maux de tête doivent être traités avec de la caféine.
Dans la migraine, son effet est double
Chez certaines personnes migraineuses, une prise ponctuelle de caféine peut contribuer à soulager une crise. À l’inverse, une consommation importante, chronique ou marquée par de fortes variations peut parfois favoriser ou aggraver les crises. Les changements brutaux de consommation, les troubles du sommeil ou le sevrage peuvent également jouer un rôle.
La réaction à la caféine varie beaucoup d’une personne à l’autre. Il n’existe donc pas de règle valable pour tous les patients migraineux. Les études disponibles montrent surtout des associations entre consommation de caféine et migraine. Elles ne permettent pas d’affirmer que la caféine déclenche systématiquement une crise chez toutes les personnes migraineuses. Ces effets opposés de la caféine dans la migraine sont résumés dans la Figure 1.

Et pour les autres types de céphalées ?
- Dans la céphalée hypnique, qui survient principalement la nuit et réveille la personne, la caféine peut parfois être utilisée pour prévenir ou interrompre les crises.
- Dans la céphalée post-ponction durale qui peut survenir après une ponction lombaire ou une anesthésie rachidienne ou péridurale, elle peut apporter un soulagement des symptômes.
- Dans l’hypotension intracrânienne spontanée, elle peut également diminuer temporairement les symptômes, mais elle ne traite pas la cause du problème.
Attention à la consommation régulière et à l’arrêt brutal
Une consommation chronique de caféine, notamment lorsqu’elle est associée à des médicaments antalgiques contenant de la caféine, pourrait participer à l’entretien de certaines céphalées, notamment dans le cadre d’un abus médicamenteux. À l’inverse, arrêter brutalement la caféine chez une personne qui en consomme régulièrement peut provoquer une céphalée de sevrage. Celle-ci peut apparaître dans les 24 heures suivant l’arrêt. Une diminution progressive est donc généralement préférable à un arrêt brutal.
Quelle quantité de caféine consommer ?
La quantité adaptée dépend des habitudes, de la sensibilité de chacun et du type de céphalée. Dans la migraine, les auteurs rapportent la proposition de limiter la consommation à environ 200 mg de caféine par jour* tout en évitant les variations importantes d’un jour à l’autre. Cette limite ne doit pas être considérée comme une règle universelle : elle doit être adaptée à chaque personne avec l’aide d’un professionnel de santé.
* Note de l’auteur : À titre indicatif, 200 mg de caféine correspondent approximativement à deux ou trois cafés préparés avec un filtre ou à deux ou trois expressos, selon leur volume et leur mode de préparation. Cette équivalence reste très variable d’une boisson à l’autre.
Alors, la caféine : amie ou ennemie ?
Comme souvent en médecine, la réponse doit être nuancée, et dépend du patient et du contexte clinique.
- La caféine peut parfois soulager un mal de tête ou renforcer l’action d’un médicament antalgique.
- Dans la migraine, elle peut être bénéfique chez certaines personnes, mais aussi favoriser ou aggraver les crises chez d’autres.
- Une consommation excessive, irrégulière ou un arrêt brutal peuvent provoquer ou entretenir des céphalées.
- Il n’est pas nécessaire que toutes les personnes migraineuses arrêtent complètement la caféine.
- Le plus important est de tenir compte de la quantité consommée, de la régularité des prises et de sa propre sensibilité.
- En cas de diminution nécessaire, il est préférable de réduire progressivement la consommation.
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